La Châsse de l'Homme de Christophe Avella-Bagur

Christophe Avella-Bagur est un plasticien français né en 1968. L’exposition «La Châsse de l’Homme » nous présente, du 8 octobre au 19 novembre, les dernières oeuvres de sa série Face FS – pour Floating Soul – à la Galerie Richard. Une nouvelle étape de la réflexion, qu’il poursuit sur la figure humaine, entreprise au début du 21ème siècle.
Les toiles de ce nouvel ensemble sont introduites par une oeuvre qui diffère par son traitement chromatique et qui semble avoir la fonction de trait d’union entre deux phases de réflexion. L’exposition occupe une seule pièce – aseptisée – de la grande galerie. Les oeuvres sont accrochées sur des murs blancs et semblent entourées d’un lourd silence. Chacune nous présente un homme ou une femme, plus grands que nature, baignant dans une lumière claire qui se confond presque avec les murs. Ces figures sont peintes dans une gamme chromatique se situant entre le blanc et le bleu. Ce sont de véritables archétypes d’un corps standardisé qui serait issu d’une production manufacturée. A leur plastique parfaite répond une exécution lisse et propre. L’artiste souligne que la facture et la gamme de couleur renvoient à «la standardisation de l’être, de la pensée, du mode de vie». Cependant ces corps et plus particulièrement le visage de ces mannequins sont perturbés par un portrait de couleur chair, ou la dominante de rouge contraste. Les deux portraits ne coïncident jamais et leur juxtaposition est toujours différente.
La Châsse de l'Homme de Christophe Avella-Bagur La Châsse de l'Homme de Christophe Avella-Bagur La Châsse de l'Homme de Christophe Avella-Bagur
En d’autres termes deux mondes s’affrontent. Le premier, baigné de blanc, représente l’Homme en tant que produit issu d’une chaîne de production. Il est interchangeable, sans valeurs ni morale. Le deuxième univers, symbolisé par la couleur, est le monde de la singularité. Il est caractérisé par la maladresse, le tâtonnement, la liberté d’agir et de choisir. L’artiste fournit une clef d’interprétation en déclarant : «mes oeuvres exposent deux visages en lutte pour la suprématie, car le combat est âpre et personne n’est encore vainqueur».
Le titre de l’exposition «La Châsse de l’Homme » renvoie à une véritable sculpture créée par l’artiste. Elle présente deux crânes, celui d’un homme moderne et celui d’un homme préhistorique, éclairés et placés entre deux miroirs. Elle peut être considérée comme dénominateur commun à chaque toile de l’exposition puisqu’elle regroupe des thèmes chers à l’artiste comme la lutte entre l’unique et le standard.
Christophe Avella-Bagur refuse toute affiliation à une quelconque science fiction, préférant se positionner dans la longue tradition de la représentation. Il souligne qu’il peint l’Homme «car il n’y a aucun autre sujet valable que celui de notre condition».
Christophe Avella-Bagur - Face FS87 Surprised To Be Old  (2010)
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Christophe Avella-Bagur - Face FS92 Discovering World  (2010)
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Christophe Avella-Bagur - Face FS89 Résérection  (2011)
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Christophe Avella-Bagur - Face FS86 The Beast Inside Out  (2010-2011)
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Christophe Avella-Bagur - Face F(S)111 Tribute To Modern Time  (2011)
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