Gisèle Freund – L’Oeil Frontière Paris 1933-1940

La seizième exposition de la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, qui se tient du 14 octobre 2011 au 29 janvier 2012, propose de (re)découvrir l’oeuvre de Gisèle Freund (1908-2000), photographe majeure de la seconde moitié du XXe siècle. De cette allemande de naissance, les méandres de l’Histoire feront une française en 1936. Enfant de la bourgeoisie juive allemande, elle entama des études de sociologie et d’histoire de l’art avant de se lancer dans la rédaction d’une thèse publiée en 1936 : «La photographie en France au XIXe siècle» (sous la direction du professeur Norbert Elias). De son enfance et de son père, Julius Freund, elle se souvient que ce dernier lui «révéla la beauté de l’art», sans doute au travers de sa collection de tableaux du Romantisme allemand. C’est aussi son père qui lui offrit, pour sa majorité, son premier Leica dont elle dira qu’«on pouvait le glisser dans sa poche et faire trente-six photos tout de suite».
Gisèle Freund - Walter Benjamin  (1937)
Walter Benjamin  (1937)
Exilée à Paris, sans le sou, elle enclenchera sa destinée en poussant la porte du  numéro 7 de la rue de l’Odéon. Venue acquérir Les puissances de Paris de Jules Romains, dans la librairie «La maison des amis des livres», elle repartit avec l’amitié d’Adrienne Monnier, formidable libraire.  Celle-ci lui présentera Sylvia Beach, libraire anglo-saxonne du trottoir d’en face, ainsi que toute l’intelligentsia parisienne. Gisèle Freund pénètre un formidable et extraordinaire cénacle littéraire qu’elle ne quittera jamais et qui fera sa fortune – au sens premier du terme.
Gisèle Freund - James Joyce, Sylvia Beach & Adrienne Monnier  (1938)
James Joyce, Sylvia Beach & Adrienne Monnier  (1938)
L’exposition, envisagée chronologiquement et par thèmes, propose une scénographie tout en douceur allant jusqu’à recréer les devantures des librairies d’Adrienne Monnier et Sylvia Beach. Les deux premiers ensembles soulignent le caractère reporter de la photographe qui témoigne entre autre de la victoire du Front Populaire ou des bas fonds de l’Angleterre subissant la crise de 1929. Des photos-reportages qui seront publiés dans le célèbre magazine «Life». Ce qui fit la gloire de Gisèle Freund et qui constitue la majeur partie de l’exposition sont ses portraits d’écrivains célèbres. D’abord en noir et blanc pour ensuite utiliser de manière intensive la couleur qui est à l’époque totalement décriée. Ces portraits – dont certains sont entrés dans la mémoire collective – peuvent constituer, à la manière de Nadar, un panthéon d’écrivains de renom.
Olivier Corpet et Catherine Thieck, les deux commissaires, nous proposent un parcours dans l’oeuvre (photographique et documentaire) d’une femme photographe qui mérite d’être mis en exergue. Un catalogue de 220 pages vient soutenir cet évènement.
Gisèle Freund - Enfants dévalant la rue  (1936)
Enfants dévalant la rue  (1936)
 
Gisèle Freund - Les goudronneurs, Paris (1931)
Les goudronneurs, Paris (1931)
 
Gisèle Freund - André Malraux  (1935)
André Malraux  (1935)
 
Gisèle Freund - André Gide & Mme Rysselbergh
André Gide & Mme Rysselbergh
 
Gisèle Freund - Nerbert Elias  (1934)
Nerbert Elias  (1934)
Gisèle Freund - André Breton  (1939)
André Breton  (1939)
 
Gisèle Freund - Victoria Ocampo  (1939)
Victoria Ocampo  (1939)
 
Gisèle Freund - Marcel Duchamp  (1939)
Marcel Duchamp  (1939)
 
Gisèle Freund -  Susanna Soca  (1939)
Susanna Soca  (1939)
 
Gisèle Freund - Jean Cocteau  (1939)
Jean Cocteau  (1939)
 
Gisèle Freund - Colette  (1939)
Colette  (1939)
 
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